Un moment de plaisir qui tourne au supplice... Chez les femmes, les douleurs lors d'un rapport sexuel sont bien plus courantes qu'on ne le pense. Une femme sur dix déclare avoir déjà ressenti une telle douleur au cours de sa vie sexuelle. Souvent minimisées sous le coup de "ça va passer", elles persistent et polluent un moment qui devrait être synonyme de plaisir et de détente.

En plus de provoquer un inconfort immense, les dyspareunies de leur nom médical captent toute notre attention pendant l'acte. Le corps n'y est pas et l'esprit, qui essaiera de lutter contre la souffrance, non plus. Peut-être n'osez-vous pas en parler à votre partenaire. Vous avez peur de gâcher le moment. Pourtant, on ne cesse de le rappeler, mais la communication est primordiale. Le rapport pourra être adapté en fonction de votre ressenti, il doit avoir lieu dans le confort de l'ensemble des partenaires.

Vous pouvez penser que ces douleurs, tant qu'elles sont supportables, sont normales. Après tout, la pénétration implique l'introduction d'un corps étranger dans le nôtre. Mais non, mesdames, ces douleurs ne sont pas normales, et ne doivent pas être banalisées. Alors, pourquoi s'infliger une souffrance quand il est possible d'y remédier ?

Brûlures, picotements, sensations internes désagréables inexplicables... Les douleurs se manifestent sous différentes formes. De façon générale, il existe deux types de douleurs : celles liées à l’introduction du sexe du partenaire et à l’extérieur de l’organe (dyspareunie d’introduction), et celles plus internes qui apparaissent dans le vagin ou au niveau du bas-ventre (dyspareunie profonde).

D'où viennent-elles ? Les dyspareunies peuvent avoir des causes physiques, mais aussi psychologiques. Pourtant, bien souvent, les deux sont intimement liées : la douleur provoque l’angoisse et l’angoisse provoque la crispation qui peut engendrer de la douleur.

Quand faut-il s'inquiéter ? Il peut arriver que la pénétration soit désagréable ponctuellement. On débute la pénétration avant d'être bien prête physiologiquement, l'excitation n'est pas au rendez-vous... Mais certaines douleurs peuvent être plus graves. Il ne faut pas hésiter à consulter un gynécologue lorsque ces douleurs sont persistantes. Vous connaissez votre corps, sachez l'écouter, avoir mal durant un rapport sexuel est une chose qui doit vivement être prise au sérieux.

Pour se débarrasser de ces douleurs, il est important de prendre conscience de leur anormalité et de parvenir à identifier leurs causes. Voici une liste non exhaustive pour faire le point, et pourquoi pas vous inciter à consulter un professionnel.

Enjoy, 

Les Éclaireuses

 

1. Je ressens une sensation de brûlure pendant le rapport

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Vous éprouvez des brûlures ne serait-ce qu’en effleurant la partie externe du vagin (composée de la vulve, du clitoris et des lèvres). Il s'agit alors de dyspareunie superficielle, une forme de dyspareunie d’introduction.

Elle peut provenir d'une infection génitale : une mycose, une infection sexuellement transmissible (herpès, blennorragie…). Mais attention, ce peut aussi être une vestibulodynie, une sorte de brûlure ressentie au moindre toucher. Une vaginose (perturbation de la flore qui peut donner lieu à une irritation de la muqueuse et des brûlures au frottement) peut également en être la cause.

Une mycose se soigne généralement à l'aide d'un traitement local (ovule et crème), voire de comprimés antifongiques. Mais la vestibulodynie est un peu plus complexe à traiter, car son diagnostic est difficile à établir. Il est alors impératif de consulter un gynécologue. Si une IST est détectée, on envisagera une prise d'antibiotiques ou un traitement antiviral, selon le cas.

2. Je ressens une sensation de chauffe pendant l'acte

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Différente de la sensation de brûlure, vous ressentez une sensation de chauffe désagréable. Cela est souvent dû à un manque de lubrification et à une sécheresse vaginale. Ne soyez pas effrayée par ce terme qu'on associe à tort aux femmes ménopausées. Elle peut se manifester à tout âge, notamment chez les jeunes femmes sous pilule qui diminue la sécrétion vaginale. Des facteurs psychologiques peuvent aussi en être la cause (stress, manque de désir).

Pas de remède médicamenteux, mais le meilleur conseil que l'on puisse vous donner est de prolonger les préliminaires. Vous pouvez aussi penser à l'utilisation d'un lubrifiant pour pallier la sensation d’inconfort. Cependant, si la sécheresse est d'origine hormonale, le gynécologue peut vous proposer des œstrogènes locaux sous forme d’ovule ou de crème.

 

3. La pénétration est douloureuse

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C'est le cas typique de la dyspareunie d’introduction. Les douleurs se déclarent lors de la pénétration, à l'entrée du vagin. Cette douleur peut être ressentie de façon chronique depuis les premiers rapports sexuels. Il peut s'agir d'une petite malformation de l’hymen, mais elle peut aussi être liée au vaginisme. Il s'agit d'une contraction anormale des muscles du périnée souvent causée par des raisons psychologiques et/ou physiques (une phobie de la pénétration, un traumatisme...).

Dans le premier cas d'une malformation, une opération chirurgicale peut être nécessaire. Dans le dernier cas, la détection de la cause psychologique sera un pas nécessaire vers la "guérison". L'aide d'un sexologue pourra alors être utile.

 

 

4. Je ressens une douleur interne profonde

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Il n'est pas rare que des douleurs au bas-ventre, au fond du vagin et au niveau de l’utérus surviennent lors d'un rapport. C’est une dyspareunie profonde.

Dans ce cas, une maladie gynécologique est probablement en cause. Un kyste ovarien qui cause alors des douleurs aux ovaires pendant les rapports, un fibrome enflammé, une infection des voies génitales, un problème de trompes, un stérilet mal placé... Mais la cause la plus fréquente est l’endométriose, provoquant une douleur à chaque rapport.

Si un traitement médicamenteux peut parfois suffire, dans certains cas, l’intervention chirurgicale est nécessaire. Tout dépendra de l’avancée du problème. 

 

5. Des douleurs au moment de l'orgasme : c'est possible ?

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Plus rares, ces douleurs existent. Aussi surprenant que cela puisse paraître, des femmes ressentent un mal passager après avoir atteint l’orgasme. Si la cause reste encore floue, les professionnels de santé pensent cependant au résultat d’une contraction des muscles du périnée et des muscles qui forment l’entrée et la partie externe du vagin. Pour l'heure, les gynécologues recommandent simplement de se détendre au moment du plaisir culminant pour limiter la contraction des muscles.