On vous dit souvent que vous faites passer les désirs et les envies des autres avant les vôtres ? Vous allez même jusqu'à vous oublier totalement pour ne faire passer que vos proches en priorité ? Pire, vous ne recevez aucune reconnaissance mais vous continuez à faire passer les autres avant vous-même ? Félicitations, vous souffrez sûrement du Complexe de Cendrillon. Cela dit, quand petite, vous vous imaginiez en princesse, c'était plus la robe et les pantoufles de vair qui vous faisaient rêver, pas l'abnégation du personnage. 

Parce que, dans les faits, le syndrome de Cendrillon repose sur cette volonté de prendre soin des gens qui vous malmènent ou qui n'ont aucune reconnaissance, c'est exactement ce que fait Cendrillon avec sa belle-mère et ses belles-sœurs, elle prend soin d'elles et elles la maltraitent en retour.

En somme, ce qui caractérise le syndrome de Cendrillon, c'est le lien de dépendance qu'il peut y avoir entre celui qui sert et celui qui est servi. Cela peut être de l'amour ou de l'amitié, mais le problème reste le même, il y a un rapport de dominant/dominé qui peut s'avérer être destructeur. Ce lien vient même détruire tout le principe d'autonomie et de liberté. Se crée alors un rapport d'interdépendance entre les deux personnes liées. Mais ce schéma n'est bénéfique que pour l'un des deux protagonistes, c'est en ça qu'il est toxique. 

À quoi est lié ce complexe ? Comment s'en débarrasser ? On vous aide à y voir plus clair sur le syndrome de Cendrillon. 

Les Éclaireuses

 

1) Quelles sont les caractéristiques de ce syndrome ?

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Ce qu'il faut comprendre, c'est que le syndrome de Cendrillon, même s'il porte un nom très féminin, ne touche pas uniquement les femmes. C'est un complexe qui se construit autour de l'idée qu'on a absolument besoin de trouver son prince charmant ou sa princesse de conte de fées pour nous sortir de notre quotidien triste et maussade. Pour les personnes souffrant de ce concept, leur seule échappatoire est de trouver une personne à chérir, et ce, au-delà de l'entendement. Cet amour passionné et passionnel leur permettrait de trouver le bonheur et ils sont prêts à faire tous les sacrifices possibles pour l'obtenir, même oublier totalement ses désirs pour faire passer en priorité ceux du partenaire. 

Il y a bien évidemment une idéalisation du partenaire dans ce schéma complexe. L'autre devient le centre du monde et c'est lui qui dicte les règles et qui donne le rythme.

 

2) Quels sont les éventuels éléments déclencheurs de ce syndrome ?

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Selon certains psychologues, la source de ce syndrome pourrait venir de l'enfance. Si l'enfant grandit dans un schéma très autoritaire et où l'affect entre parent et enfant est rare, voire inexistant, il est possible que ces habitudes persistent une fois à l'âge adulte. Plus inquiétant, ce syndrome pourrait venir en réponse à d'éventuelles violences psychologiques subies lors de l'enfance ou de l'adolescence.

Globalement, c'est l'absence de sentiments ou l'invitation à les taire qui peut provoquer l'apparition de ce syndrome, l'enfant n'étant pas stimulé émotionnellement pensera que les émotions sont inutiles, il grandira alors sans et favorisera les émotions et les désirs de l'autre, vu qu'il pense que lui n'en a pas.

Il semblerait que la société ait aussi son rôle à jouer dans l'apparition de ce syndrome. L'éducation des petites filles, encore alourdie par des siècles de patriarcat, rendrait les jeunes filles plus propices à des syndromes de ce type. L'idée même du prince charmant hante les histoires pour petites filles dès leur plus jeune âge, on leur fait comprendre que c'est ça qu'elles doivent chercher, que c'est le prince qui les sauvera de la cruauté de ce monde. Dans la tête des enfants, ce prince peut devenir le but ultime d'une vie, qui surpasse les désirs et les loisirs. On leur apprend aussi qu'il n'y a qu'un seul homme qui pourra leur convenir. En grandissant, ces histoires peuvent laisser des traces et formater tout le comportement social et amoureux.

 

3) Quel impact à ce syndrome sur les personnes qui en souffrent ?

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Ce complexe a un impact psychologique relativement important qui se manifeste au quotidien lors des interactions sociales. Par exemple, la personne souffrant du syndrome de Cendrillon aura beaucoup de mal à se défendre face aux gens et à se mettre en valeur, elle restera toujours discrète et dans l'ombre. Ce sont des personnes qui ont tendance à énormément se victimiser auprès de tous leurs pairs, elles mettent ainsi les autres sur un piédestal et elles restent au pied du mur, toujours dans l'ombre. 

Plus grave, les personnes souffrant du syndrome n'auront aucune conscience de l'abus de pouvoir que les autres peuvent avoir sur elles. Pire, elles accepteront les critiques et la méchanceté avec résignation. Ce sont des personnes qui sont toujours en recherche d'un dominant pour se sentir exister, car pour elles, elles ne peuvent pas exister par elles-mêmes.

Tous ces mécanismes ont un impact direct sur la vie sociale et amoureuse, ils ont une conséquence directe sur la façon dont les liens entre les personnes se créent. En résultent des relations totalement déséquilibrées et cruellement instables.

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4) Comment guérir du syndrome de Cendrillon ?

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Ce n'est pas chose facile que de se détacher de traumatismes ou de comportements intégrés dès l'enfance. Il faudra beaucoup de temps pour comprendre et accepter ce conflit interne. Sans prise de conscience, aucune guérison ne sera possible.

Il est fort probable qu'un accompagnement professionnel soit nécessaire pour vous détacher des comportements liés à ce syndrome. Cependant, il n'existe pas de remède magique, seul un accompagnement de qualité permettra de guérir petit à petit. Il est essentiel de trouver le professionnel qui vous correspond et d'y aller pas à pas pour une guérison efficace.