Et si on s'autorisait enfin à pleurer (un bon coup) ?

Juliette Gour 01 août 2022

Les larmes (qu'elles soient de crocodile ou pas) ont toujours une bonne raison de couler. Pourtant, on s'empêche (trop) souvent de pleurer et ce n'est pas du tout une bonne chose. Explications.

Il paraît que si on est incapable de pleurer devant Titanic ou une pub Intermarché, il y a de grandes chances qu'on soit une personne égoïste et narcissique. C'est en tout cas ce qu'affirmait une étude en 2021 : plus on est enclin à pleurer facilement, plus on serait quelqu'un de fiable et gentil. Il y a plein de symboles derrière le fait de pleurer, c'est un fait. Pendant longtemps, on a pensé que pleurer, c'était une marque de faiblesse, que c'était seulement réservé aux enfants, qu'un adulte ne pleurait pas (et c'est encore pire pour les hommes)... Alors que dans les faits, pleurer est essentiel pour notre bien-être global, car c'est une sorte de soupape de décompression.

Pourtant, ce n'est pas "facile" de pleurer... Ça demande beaucoup de paramètres. Selon Aimee Daramus, Psychothérapeute américaine, le fait de pleurer, c'est avant tout d'exprimer des émotions fortes mais "dans un environnement qui est synonyme de sécurité pour nous". Ainsi, larmes et vulnérabilité sont intrinsèquement liées, pour la simple et bonne raison que verser des larmes, c'est un peu comme se mettre à nu : on montre nos émotions sans artifice à ceux qui nous entourent (et ça demande parfois beaucoup de courage).

Le problème, c'est que la société a encore trop tendance à confondre vulnérabilité et faiblesse... Sauf qu'il n'y a rien de bon à garder tout pour soi. Les professionnels de santé sont formels : si on ne laisse pas ses sentiments s'exprimer de façon saine et naturelle, ils finiront toujours par ressortir de manière malsaine... C'est pour cette raison qu'il est essentiel de s'accorder (enfin) le droit de pleurer. 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

 

Pourquoi on nous apprend que pleurer c'est mal ? 

Que ce soit par pudeur ou par gène, beaucoup de personnes ont du mal à pleurer en public (surtout à l'âge adulte). C'est encore pire pour les hommes à qui on répète, depuis qu'ils sont petits, que pleurer, c'est un truc de filles. Selon une étude menée en 2009, les femmes pleurent 4 à 5 fois plus que les hommes. C'est bien la preuve que la pudeur des émotions est encore plus présente chez les hommes (ou alors, ils sont très peu à avouer qu'en fait, ils pleurent assez souvent).

En occident, nous avons un problème avec les émotions : on valorise le contrôle pour prouver qu'on maîtrise les choses, qu'on ne se laisse pas submerger par nos sentiments. Sauf qu'il y a de nombreuses répercussions à cette habitude : on intériorise tout et le corps finit par transformer ces sentiments en douleur. Le risque de retenir tout ce flot de larmes en permanence, c'est de provoquer d'autres maux, plus durables qu'une simple crise de larmes.

Il est également possible que certaines personnes aient peur de pleurer. Pourquoi ? Parce que le fait de pleurer ce n'est, ni plus ni moins, le fait d'accepter au grand jour ses émotions. Lorsque l'on pleure, on est face à nos craintes... Et, finalement, il faut beaucoup de courage pour s'autoriser à pleurer.

Pleurer ou le meilleur moyen de se libérer de ses frustrations

Il y a de nombreux bienfaits à s'autoriser à pleurer, que ce soit avec des personnes de confiance ou seul dans son lit le soir : cela aide à libérer les frustrations, le stress et les angoisses. De nombreuses études s'accordent à dire qu'il y a de vrais bénéfices à pleurer un bon coup de temps en temps, cela aiderait à se détendre, mais, surtout, c'est aussi le signal pour nos pairs que quelque chose ne va pas et qu'on a besoin d'un soutien émotionnel.

On a tendance à penser que les larmes d'appel à l'aide ne sont réservées qu'aux enfants, mais les adultes peuvent aussi manifester un besoin de soutien émotionnel avec les larmes. Pleurer, ça génère automatiquement de l'empathie chez les autres, c'est pour cette raison qu'on est souvent mal à l'aise face à une personne qui pleure, il y a quelque chose d'assez primaire, de naturel sur notre réaction vis-à-vis des larmes, elles nous provoquent des émotions et nous poussent à essayer de comprendre pourquoi la personne en face est en larmes.

Ainsi, il n'y a que des bénéfices à pleurer. Non seulement ça aide à évacuer le stress mais c'est aussi un excellent moyen de soulager son humeur. Pourquoi ? Parce que lorsqu'on pleure, le corps libère deux hormones bénéfiques à notre bien-être : les endorphines et l'ocytocine. Ces deux substances aident à soulager l'inconfort et aident à apaiser l'esprit en un rien de temps. 

 

Comment pleurer quand on n’y arrive pas ?

Vous avez du mal à pleurer, même lorsque vous êtes seul ? Que ce soit lié à la peur de vos émotions ou à cause d'années de conditionnement, tout le monde a une bonne raison, un jour ou l'autre, d'avoir du mal à pleurer. 

Il y a plusieurs solutions pour vous aider à faire couler vos larmes. La première étant de passer par des chemins détournés pour provoquer une crise de larmes. Vous pouvez, par exemple, regarder un film vraiment très triste (comme le Tombeau des Lucioles, pour provoquer des larmes d'émotions qui permettront d'ouvrir les vannes. Ainsi, de petites larmes qui étaient juste une réponse à l'émotion d'une scène peuvent bifurquer sur des larmes plus intenses et directement liées à vos frustrations ou vos émotions profondes. Si vous manquez d'idées pour les films à regarder, on a listé pour vous tous les films qui vous feront pleurer à chaudes larmes. Préparez la boîte de mouchoirs !

Seconde option : vous devez réapprendre à dealer avec vos émotions et ce que vous ressentez. Ainsi, au quotidien, pliez-vous à un exercice simple, dans un carnet, faites le bilan de chaque émotion que vous avez ressentie dans la journée et décrivez la source de chacune de ces émotions. En évoquant, quotidiennement, ce que vous ressentez, vous allez petit à petit réapprendre à ressentir les choses et, un jour, vous finirez par pleurer pour évacuer toutes ces choses qui embrument votre cerveau.

Si, au début, vous risquez d'avoir du mal d'accepter votre état, vous verrez qu'au fur et à mesure, vous vous sentirez de plus en plus léger. Et n'oubliez jamais que si vous pleurez, c'est pour une (très) bonne raison. 

 

 

Tags : santé, psychologie

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