Il y a quelques années, personne ne connaissait son existence. Il est arrivé de façon inopinée dans nos vies. Si l'on n'est pas sage, il parait qu'il nous punit. Lorsque l'on fait le bien, il nous récompense, semble-t-il. Nous parlons évidemment... du karma !

Utilisé aujourd'hui à tout va, il semble être une manière de désigner un coup du sort, un prétexte pour justifier le moindre évènement et trouver une raison à tout ce qu'il nous arrive de désastreux. Véritablement, dans le langage courant, ce petit mot est synonyme de "tu n'as que ce que tu mérites".

Plus encore, c'est comme si, pour se rassurer, on comptait sur ce dernier pour punir les personnes qui nous malmènent au quotidien : notre ex toxique, notre belle-mère tyrannique, nos patrons malveillants... Avec le karma, ils devraient devoir répondre de leurs mauvaises actions un jour ou l’autre.

Mais derrière ce terme utilisé à tort et à travers se cache une notion bien réelle issue des croyances spirituelles de l'hindouisme et du bouddhisme. Quelle est sa signification ? Est-il réel ? Devons-nous y croire ? On analyse le sujet en détail.

Enjoy,

Les Éclaireuses

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Le karma, un concept hindouiste et bouddhiste

Avant d'être entré dans le langage courant et dans l'imaginaire collectif comme un effet de mode, le karma trouve ses origines dans les religions orientales. En sanskrit (langue indienne), le karma signifie action. Dans ces religions orientales vit une croyance très forte, celle de la renaissance (parfois nommée réincarnation ou transmigration), selon laquelle les êtres renaissent en fonction de la nature et de la qualité de leurs actes — dans cette vie-ci, mais aussi dans d'autres vies qui se sont déroulées antérieurement. Ainsi, tout acte (karma) induit des effets censés se répercuter sur les différentes vies d'un individu, formant ainsi sa destinée.

La loi du karma est un concept central dans plusieurs religions indiennes, en particulier l'hindouisme, le sikhisme, le bouddhisme et le jaïnisme. Dans ces conceptions, chaque être est responsable de son karma (de ses actes). Le karma est le reflet de nos actions antérieures qui se manifeste dans notre vie actuelle. Il faut constamment chercher à améliorer son karma, littéralement ses actions, par de bonnes actions.

Tout ce qui doit arriver arrivera, selon le karma

Cette notion amène donc, pour l'hindou, à une profonde croyance dans le destin, que ce qui doit arriver arrivera. Toutefois, cela ne doit pas être confondu avec de la paresse ni du fatalisme, car ce sont nos vies précédentes qui portent leur ombre sur la présente et la façon dont nous réagirons influencera la prochaine.

Les hindous croient dans le cycle des morts et des renaissances, il faut cinquante-deux millions de naissances avant de renaître comme un humain : on se réincarne ainsi en végétaux et en différents animaux, des millions de fois, avant de retrouver une matrice humaine, de même qu'un embryon (symbole végétal) devient fœtus (symbole animal) avant de naître en tant que nouveau-né humain. Une fois la naissance humaine acquise, il ne faut pas la gaspiller en se faisant du mauvais karma, car cela engendrerait une réincarnation rétrograde : une mort jeune et malade par exemple. 'Vous récoltez ce que vous semez' est donc l'essence de la loi du karma. Le karma de chacun est de bien faire son devoir sans en chercher les fruits.

Le karma en occident

En occident, on entend souvent dire "c’est le karma", comme on dirait "ce n’est pas ma faute, c’est comme ça et on n'y peut rien". On utilise ce mot pour désigner tout ce qui nous arrive de désastreux, comme s’il s’agissait d'une punition divine. Plus encore, le karma peut être perçu comme une malédiction. Nous avons fait quelque chose de mal, alors le sort s'acharne sur nous.

Mais vous l'avez compris, le karma est une énergie que nous avons générée consciemment ou non. Ce concept remet tout le pouvoir entre vos mains : il n'y a rien de magique ou de surnaturel dans la notion de karma ! "Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme", comme l'a écrit le poète William Ernest Henley, source d'inspiration de Nelson Mandela.

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Le karma pour prendre la responsabilité de nos actes

Dès lors que le karma ne dépend que de nous et de nos propres actions, il nous permet de prendre la responsabilité de nos actes. Il induit une remise en question, une introspection permanente. Cette croyance nous pousse à être une meilleure version de nous-mêmes, en prenant en compte une dimension sociale (l'impact de nos actes sur les autres), mais aussi une dimension égocentrique (suis-je en accord avec mes actions ?).

Croire au karma peut faire du bien. Bonne nouvelle, si les conséquences ne dépendent que de nos actes et non de la fatalité, alors nous avons la mainmise sur notre existence et la vie que nous voulons mener. Nous avons la capacité d'agir pour "inverser" les choses et remédier au négatif. Le karma serait la clé vers la liberté. En reprenant conscience de notre entière responsabilité, nous devenons libres.

Alors, faut-il croire au karma ?

Croire ou ne pas croire, telle est la question... Et malheureusement (ou heureusement), nous ne pouvons y répondre à votre place. Cette réponse est très personnelle et relève des croyances spirituelles de chacun.

Cependant, toute personne positive croit aux effets des ondes positives par effet de miroir. Donnez du positif et l'on vous rendra du positif. Répandez du négatif et vous n'attirerez que du négatif. Certaines vertus telles que la gratitude, l'altruisme, la gentillesse et la bienveillance méritent d'être appliquées au quotidien, même sans rien attendre en retour. Pour notre bien-être personnel d'abord, puisqu'être conscient de véhiculer du bon est très gratifiant. Et puis, parce qu'en véhiculant ces qualités envers autrui, nous récoltons autant de bienveillance et de gentillesse : le fameux effet boomerang !

 

 

Tags : psychologie