" I hate men ! I can't abide them, even now and then ! "

Voilà qui est dit par l'actrice Rachel York ! Vous ne saviez pas que les femmes pouvaient elles aussi avoir une haine des hommes ? Pourtant, ça existe bel et bien !

On parle souvent de misogynie lorsqu'il y a à parler de sexisme pourtant, la misandrie existe elle aussi ! Si on a l’habitude d'entendre que le mépris vient seulement de la part des hommes envers les femmes, cette haine peut parfois être elle aussi inversée.

La misandrie est un sujet qui, aujourd’hui, fait débat en France. On vous explique tout de suite ce qu'est la misandrie et pourquoi ce sexisme envers les hommes ne pose finalement pas tant de problèmes que ça.

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

 

La misandrie, qu'est-ce que c'est ?

Par définition, la misandrie est la haine et le mépris qu'ont certaines femmes envers les hommes. On parle aussi de sexisme inversé qui a été développé par des luttes féministes plus extrémistes.

Si on s'en tient à la même définition que la misogynie, on pourrait donc penser que les hommes sont de véritables victimes subissant une profonde discrimination de la part de la société à cause de leur genre. Pourtant, en France, nous n'avons pas l'impression que la discrimination ou le sexisme dans la vie quotidienne et au travail impacte réellement les hommes.

Cependant, tenons-nous aux faits. Si le terme de misandrie existe, c'est que des femmes ont sûrement tenu des propos misandres envers les hommes. À croire qu'on ne peut plus rigoler avec eux, une petite réflexion et ça vire au sexisme à leurs yeux ! Ah les hommes... S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer (ou pas !)

Pourquoi les femmes ont-elles une haine des hommes ?

Disclaimer : Nous ne parlons évidemment pas de tous les hommes ni de toutes les femmes !

S'il existe de la misandrie chez les femmes, ce n'est pas pour rien. Depuis toujours, la société a prôné une domination masculine qui a réduit les femmes à un simple sexe. Que ce soit dans les médias, en politique ou au travail, les femmes ont toujours subi du sexisme bien assumé.

Nous n'avons pas acquis facilement nos droits et aujourd’hui, l'égalité entre les hommes et les femmes est encore imparfaite. Les violences sexuelles ou physiques ont amené une colère justifiée chez de nombreuses femmes. À tel point que certaines ont pu développer un genre de haine de l'homme qui aurait mis en lumière cette misandrie.

Finalement, c'est la société qui a créé la misandrie. Il n'y a jamais eu de mépris ou de haine de base de la part des femmes. Alors que chez les hommes, la société les a tellement décrits comme des hommes forts ayant tous les droits qu'ils ne remarqueront même plus la discrimination et les violences qu'ils peuvent faire vivre aux femmes.

La misandrie... pas si sexiste !

La misandrie, c'est avant tout un mouvement né à cause d'une société trop patriarcale. Certes, des hommes sont victimes de violences, il ne faut ni le nier ni le minimiser. Mais, ça ne doit certainement pas atténuer le fait que ce sont majoritairement les femmes qui vivent de la discrimination et des formes de violence au quotidien : des violences sexuelles, sexistes et psychologiques (sans parler des différentes formes de charges mentales qui leur incombent).

Le sexisme, c'est tout un système. Ce n'est pas le seul acte sexiste en lui-même qui a créé la misogynie, c'est toute la discrimination, une perte totale d'égalité entre les deux sexes qui a créé se déséquilibre entre les hommes et les femmes. Parce que finalement, les femmes subissent au quotidien cette misogynie, alors que les hommes - si ça arrive - ça ne sera que ponctuel.

Ce qui est, une fois de plus, misogyne, c'est d'essayer de se rendre victime d'un système misandre qui n'existe pas car aucun homme (ou presque) n'a eu à se plaindre d'une femme leur ayant fait vivre du sexisme.

C'est connu, le féminisme dérange. Notamment parce qu'il met en lumière ce que les hommes ne veulent pas voir. Prenons l'exemple de Pauline Harmange qui a écrit "Moi les hommes, je les déteste", l'autrice a été accusée de misandrie par un fonctionnaire du secrétariat d’État dans les médias car elle mettait en valeur la misogynie constante des hommes. Étrange, non ?

Une opinion qui dérange

La mise en avant de la misandrie par les réfractaires au féminisme met finalement en lumière les pensées hors d'année des hommes qui s'insurgent contre les femmes qui se battent (oui, car il semblerait qu'il n'y ait que les vieux monsieurs qui crient à la misandrie). Cependant, rien d'étonnant dans cette réaction, c'est un fait quasiment systémique qui est utilisé depuis l'apparition des premières féministes. Les médias ont toujours utilisé des qualificatifs péjoratifs pour désigner les femmes qui montaient au credo et qui osaient dire tout haut ce que les femmes chuchotaient entre elles. On les qualifiait de sorcières, de fausses femmes, de lesbiennes, de femmes de petite vertu... 120 ans après le début de la lutte, rien n'a changé (sauf les droits rudement gagnés).

Ainsi, aujourd'hui, on fustige toujours autant la femme qui ose dire qu'elle déteste les hommes, mais est-ce vraiment nouveau ? Ce n'est finalement que la même ligne de défense qui est utilisée, encore et toujours, pour "lutter" contre les femmes qui ne demandent que l'égalité entre les genres (et il n'y a finalement rien de plus misogyne que cette réaction).

Cependant, il est vrai que dans certains mouvements alternatifs du féminisme - comme le lesbianisme -, il peut y avoir quelques faits de misandrie, mais l'impact sur la société est moindre si on le compare à la misogynie.

Le féminisme, au sens le plus pur du terme, ce n'est pas de la misandrie. Il n'existe pas pour écraser les droits des hommes mais pour être à égalité, pour partager des droits fondamentaux que les femmes n'ont pas eu encore la chance d’acquérir totalement à cause de la persistance d'un système patriarcal dont les hommes ne sont pas foncièrement responsables. Ce n'est qu'un héritage de vieux dogmes qui a la vie un peu dure.

Mais aujourd'hui, grâce à la libération de la parole et à l'inclusion de la notion d'égalité dans l'éducation des enfants, les choses changent petit à petit. Car, s'il y a bien une vérité universelle, c'est bien qu'il n'y a que l'éducation et la tolérance qui permettent de changer les choses, même petit à petit. Cependant, il faut bien garder à l'esprit que si un homme cri à la misandrie, c'est peut-être parce qu'il sent que sa domination systémique est menacée... Et finalement, c'est une bonne chose !

 

Tags : violence, société, féminisme