Depuis la nuit des temps, le mensonge est partout. Qu'il s'agisse d'une histoire sans incidence ou d'un lourd témoignage, il sait se glisser dans n'importe quelle bouche, situation, ou encore n'importe quel sujet.

D'ailleurs, n'en déplaise à votre conscience, et aussi franc que vous soyez, vous avez forcément, vous aussi, déjà menti, pour ne pas revoir votre date de la semaine dernière, ne pas aller en cours, ne pas vous rendre à cette soirée tant attendue... Promis, on ne vous jugera pas. Tant que cette action ne devient pas une fâcheuse habitude, on ne vous en tiendra pas rigueur.

Et puis, il y a ceux pour qui la réalité est toujours plus belle déguisée. Ceux qui, pour une raison ou pour une autre, se complaisent bien plus dans la tromperie que dans la loyauté. Si vous, vous bégayez au moindre canular, eux maîtrisent le mensonge comme un art.

Redoutables adversaires... Comment les démasquer ?

Bien que ces experts en la matière usent de milliers de ruses pour se camoufler, il existe tout de même des techniques pour les démasquer. Compagnon ou compagne, enfant, collègue, proche ou connaissance, après avoir découvert ces tuyaux, plus personne n'aura de secret pour vous.

De l'analyse du visage au décryptage de l'attitude, on vous donne cinq façons de cerner un bon menteur.

Enjoy,

Les Éclaireuses

1 - Ses expressions faciales

À commencer par le point le plus évident et facile à déceler : les expressions faciales. Lorsqu'on parle mensonge, on évoque souvent le regard, souvent fuyant, du principal concerné, mais il n'est pourtant pas le seul élément à être un indicateur. En effet, si vous décidez de vous lancer dans l'analyse de quelqu'un, ne vous arrêtez pas sur les signes les plus voyants, mais plutôt sur les micro-expressions. Sourire en coin, narines dilatées, clignements d'yeux à répétition... Tous, aussi courts et légers soient-ils, peuvent signaler le récit d'un menteur.

Selon une étude réalisée par Hurley et Franck en 2011, et relayée par La communication non verbale, si le baratineur s'aperçoit du manège - autrement dit, qu'il est observé -, la plupart du temps, il essaie immédiatement de réduire ses expressions faciales. Une canalisation qui le trahit à son tour, puisqu'en essayant de le contrôler, son visage se fige, et devient d'autant plus suspect.

2 - Son langage corporel

Après le visage vient le reste du corps. Nul menteur ne sait rester de marbre lorsqu'il passe à l'action. Enfin si, justement. Tout comme il a tendance à mettre en pause ses expressions faciales malgré lui, il peut faire de même avec ses autres membres. Il se fait avoir à son propre piège : il essaie de limiter ses mouvements pour ne pas avoir l'air suspect, mais a finalement l'air suspect en ne bougeant pas.

"Lorsque vous vous exprimez et que vous engagez une conversation normale, bouger son corps en effectuant des mouvements légers, détendus et, pour la plupart, inconscients est quelque chose de naturel. Donc, si vous observez des positions rigides et dépourvues de mouvements, il s'agit souvent d'un signal que quelque chose ne va pas", écrit le docteur en langage corporel, Lillian Glass, dans son livre "The Body Language of Liars". 

Attention : ce constat n'est pas une fin en soi, et n'est donc pas applicable à tout le monde. L'experte met d'ailleurs également en avant, en signes de mensonge, les mains devant la bouche, le fait de recouvrir sa gorge ou son buste, ou encore de bouger sa tête assez rapidement.

3 - Sa voix et sa respiration

"Une diction rapide, une intensité forte au milieu du mot, et une hauteur qui descend en fin de mot. Voici la prosodie que vous devrez adopter pour paraître fiable et honnête aux oreilles de vos interlocuteurs", explique le CNRS dans son compte-rendu d'une étude analysant la modification d'une voix contant un mensonge.

Un changement de ton ou de volume, d'une phrase à l'autre, signifie qu'il se passe quelque chose. Le plus souvent, si une information est fausse, inventée, imaginée, elle est prononcée moins forte que les autres, et plus lentementLa respiration, elle aussi, se démarque : elle ralentit, et est bien plus profonde.

4 - Ses mots

Une récente étude réalisée par les scientifiques des universités de Portsmouth et de Floride, et relayée par Pourquoi docteur, révèle que les mots, eux aussi, peuvent permettre de démasquer un bon menteur. Pour arriver à leurs fins, ils ont en fait demandé à 164 personnes de se mettre dans les conditions d'un entretien d'embauche. Face aux questions, certains ont dû mentir, d'autres, dire la vérité. Il a également été demandé à deux tiers des participants de se souvenir d'une plaque d'immatriculation. Ces derniers ont été, pour la plupart, les premiers repérés, leur esprit étant submergé par les deux missions confiées.

Ici, l'important n'est pas le résultat, mais la manière dont les auteurs de l'étude y sont parvenus. "Les variables prises en compte étaient le nombre de mots prononcés et le nombre d'arguments rapportés ainsi que la plausibilité, le caractère direct et la clarté de la déclaration." En effet, une accélération ou un ralentissement du débit de parole révèle souvent une anomalie suspecte, pouvant s'avérer être un mensonge.

Aussi, les menteurs, pour mettre de la dédouaner psychologiquement - et souvent, inconsciemment - du fruit de leur imagination ont tendance à éviter les pronoms personnels. Ils favorisent les termes liés au doute, à l'hésitation, tels que "mais", ou encore "peut-être".

5 - Son comportement

Vous finirez votre analyse par une conclusion propre à chacun : son changement de comportement. Si vous analysez une personne que vous ne connaissez pas, vous aurez certainement du mal mais pourrez toujours cerner son mensonge - selon le niveau de son talent de trompeur et le vôtre, d'enquêteur. En revanche, si vous connaissez la personne que vous avez en face de vous, une modification de son attitude habituelle peut suffire à vous mettre sur la bonne voie. De quoi vous donner des idées d'occupation...

 

 

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