"Je ne fais rien au bureau, je m'ennuie, c'est terrible". Cette phrase vous l'avez peut-être déjà entendue dans la bouche d'une amie. Vous vous êtes d'ailleurs dit que c'était un peu gonflé de se plaindre de n'avoir rien à faire, alors que vous croulez littéralement sous le travail. D'ailleurs, à votre avis, elle exagère un peu, et puis bon... Se plaindre alors que tant de gens sont au chômage, c'est culotté tout de même !

Et, pourtant, si vous saviez quel peut être l'abîme de l'ennui au travail... Un véritable gouffre où s'y perdent énergie, confiance en soi et sérénité. Parce que, certes, vous, vous frôlez peut-être le burn-out par moment, mais avez-vous déjà reconnu ce sentiment du travail bien fait ? Vous voyez de quoi on parle : cette joie d'avoir réussi à boucler un dossier difficile ou d'avoir réussi cette présentation. Eh bien, votre amie qui meurt d'ennui, ça, elle ne le connaît pas ! Et rien de pire que de se sentir inutile tous les jours pour remettre vos capacités en doute. 

Quand l'ennui vous amène à ce genre de remise en cause, c'est sûrement le bore-out qui toque à votre porte. Honte, désengagement, isolement professionnel et social, voire dépression, le bore-out n'est pas à prendre à la légère. 

On vous explique tout sur ce qu'est vraiment le bore-out, comment le reconnaître et surtout comment s'en sortir. Vous qui nous lisez pendant vos heures de travail en espérant trouver une nouvelle motivation, vous qui trouvez votre travail ennuyeux comme 63% des Français, vous n'êtes plus seule ! 

Les Éclaireuses

 

1. Qu'est-ce que le bore-out ?

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Défini pour la première fois par Peter Werder et Philippe Rothlin (deux Suisses), il a été plus précisément étudié en France en 2011 avec l'enquête "Le bore-out syndrom" publiée par Christian Bourion et Stéphane Trebucq. Le bore-out serait donc "un processus non-intentionnel, imputable au fait qu’à cause d’améliorations technologiques, de réorganisations ou de la baisse d’activité, certains postes de travail se sont vidés peu à peu de leur contenu, pour se remplir d’inactivité de façon insensée. Le cerveau du salarié qui occupe le poste doit absorber cette inactivité, ce vide, ce qui provoque une grande souffrance. Car il n’y a pas de syndrome plus déstructurant de la personnalité sociale que le bore-out" (Enquête "Le bore-out syndrom"). 

Le travail fait tellement partie de notre construction personnelle que si on a le sentiment d'être "payé à rien faire" cela peut vite devenir culpabilisant puis totalement dévastateur.

 

 

2. Comment le reconnaître ?

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Si 32% des salariés européens s'ennuient au travail, tous ne sont pas touchés par le bore-out. Le bore-out dépasse le stade de l'ennui ; quand on en est atteint, venir au travail déprime profondément, on ne se sent plus capable de rien. Il y a une grande part de honte qui se conjugue aussi avec le bore-out. L'ennui devient tel que l'on ressort épuisé psychologiquement de ses journées de travail. C'est comme avoir une angoisse profonde tout au long de la journée, un sentiment néfaste dont on ne peut se séparer. Pour tenter de "s'en sortir", certains vont même essayer de "voler" le travail des autres, pour avoir enfin un sentiment de travail accompli.

 

3. Comment s'en sortir ?

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Si le bore-out se traduit par un ennui profond au travail, l'unique solution est donc de retrouver une réelle activité professionnelle. Pour ça, il y a plusieurs moyens d'y arriver : en discuter avec sa direction, en demandant des tâches supplémentaires ou plus de responsabilités, ou alors envisager de quitter son poste (un grand saut dans le vide qui demande réflexion). On peut aussi profiter de son ennui pour réfléchir sur des projets à monter en dehors du travail. Il ne faut pas oublier que votre épanouissement peut passer par d'autres voies que celle du travail. 

Dans tous les cas, le bore-out n'est pas à prendre à la légère ! Il est nécessaire de trouver un moyen de vous redonner confiance en vos capacités, parce que c'est indéniable, vous en avez !