Ah, la Politique... Oui, on se doute que ça n'est pas votre sujet préféré. 

Le nôtre non plus d'ailleurs, mais le remaniement du gouvernement fait tout de même beaucoup parler. 

Vous le savez sans doute, Edouard Philippe a annoncé lundi sa démission en tant que Premier ministre du Président Emmanuel Macron. Son départ a alors donné naissance à une vague de remaniement au sein du gouvernement. C'est une nomination particulière qui ne plaît pas et qui choque particulièrement les féministes et les victimes d'agressions sexuelles. 

Gérald Darminin a en effet été promu au poste de ministre de l'Intérieur malgré les accusations de viol dont il fait l'objet. Selon l'entourage du Président, la plainte en question n'a pas fait obstacle à la nomination de Gérald Darminin. 

Les faits remontent à 2009. La victime, Sophie Patterson-Spatz, accuse le ministre de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. Malgré sa plainte, l'enquête avait été classée sans suite en 2017, ainsi qu'en 2018. Toutefois, le mois dernier, la cour d'appel de Paris a ordonné la reprise des investigations. 

Gérald Darmanin avait été entendu en audition libre le 12 février 2018. Le ministre a bien confirmé avoir eu une relation sexuelle avec Sophie Patterson-Spatz. Une relation consentie, selon lui.

Si, pour l'entourage, cette accusation n'est pas un obstacle à la nomination du nouveau ministre de l'Intérieur, pour les féministes, c'est une claque... Pour beaucoup d'internautes, qui n'ont pas hésité à exprimer leur mécontentement sur Twitter, c'est une insulte à toutes les victimes. 

Au micro d'Europe 1, l'avocate de la victime, Maître Elodie Tuaillon-Hibon, se dit choquée de cette nomination. Pour les féministes, c'est surtout la preuve que les accusations de viol ou d'abus sexuel ne détruisent pas les carrières, comme on pourrait le croire. Pour les victimes d'agressions sexuelles, c'est aussi la preuve que la voix des femmes est bien trop souvent ignorée face à des hommes puissants, qui se pensent intouchables. 

Les Éclaireuses

 

Ludovic Marin / AFP Ludovic Marin / AFP