Ça ne date pas d'hier, cette envie de se montrer fière et allaitante sur les réseaux sociaux. En 2015, on parlait déjà du "Brelfie" un néologisme né de la contraction de "breastfeeding" (allaitement en anglais) et "selfie" (celui-là on n'a pas besoin de le traduire).

Encouragé par l'OMS, le fait de se poster en train de donner le sein a plusieurs dimensions. Elle va à l'encontre de la censure des réseaux sociaux (cachez ce sein que je ne saurais voir), Instagram et Facebook ont tendance à supprimer les photos féminines qui dérangent et se poster en train d'allaiter est presque devenu du militantisme. La seconde ambition de ces posts est, bien évidemment, de lever les tabous autour de la pratique. Car si, dans certains pays, l'allaitement est la norme, il semblerait qu'en Occident, on ait petit à petit remplacé la pratique par le biberon, allant même jusqu'à se sentir offensé lorsqu'une femme allaite en public.

Explication d'un phénomène de société qui semble déranger : celui des femmes qui clament haut et fort qu'elles allaitent. 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

Emily Ratajkowski, Elsa Hosk, Hilary Duff... Des femmes qui "glamourisent" l'allaitement ?

 
 
 
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Si, en France, 66% des mères décident d'allaiter à la naissance, seuls 18% des enfants sont allaités plus de 6 mois - pourtant, l'OMS encourage l'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois et un allaitement partiel jusqu'aux 2 ans de l'enfant. Il y a cependant du positif, depuis les années 90, le taux d'allaitement a augmenté de presque 20% en France

Mais pourquoi nous sommes-nous détachés de la pratique de l'allaitement ? S'il y a de nombreux facteurs qui entrent dans la durée de l'allaitement - il a notamment été constaté que les mères cadres allaitaient leurs enfants plus longtemps que la moyenne (source BEH) - il semblerait que la France soit le mauvais élève européen de l'allaitement. En Allemagne ou en Italie, les mères seraient près de 50% à allaiter leurs enfants plus de 4 mois. 

L'allaitement aurait donc mauvaise presse en France. Et pour cause, on ne compte plus les cas de femmes qui se sont pris des remarques alors qu'elles ont osé sortir un sein en public pour nourrir leur progéniture. Sans parler de l'éventuelle sexualisation de la poitrine qui peut entraver l'action d'allaiter ou l'image avilissante (injustifiée) qu'il peut y avoir autour de l'allaitement. Il semblerait que ce soit une exception française, ce rejet de l'allaitement souvent vu comme contraignant. 

Mais, il est possible que cette "glamourisation" digitale de l'allaitement ait un effet notable sur les nouvelles générations biberonnées aux réseaux sociaux (sans mauvais jeu de mots).

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L'allaitement, un acte vraiment bénéfique pour l'enfant ? 

 
 
 
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Selon l'OMS, l'allaitement maternel serait essentiel pour les enfants et aurait des bienfaits pour l'enfant mais aussi pour la mère. Le lait produit par la mère contient tous les nutriments dont le bébé a besoin pour sa bonne évolution dans les 6 premiers mois de sa vie et permet de prévenir certaines maladies courantes de l'enfant, comme la pneumonie ou les diarrhées. Sur le long terme, l'allaitement maternel permettrait de prévenir l'obésité infantile et lors de l'adolescence et est souvent associé à l'idée qu'un enfant allaité est un enfant avec un QI plus important.

Pour la mère, cela permettrait de perdre plus rapidement le poids pris lors de la grossesse mais préviendrait également l'apparition du cancer du sein ou le retour prématuré des menstruations après l'accouchement. 

Finalement, il n'y aurait que des bienfaits à l'allaitement. Il ne faut pourtant pas invisibiliser les éventuelles contraintes évoquées par les mères allaitantes, comme les douleurs et le fait que l'allaitement au sein a tendance à écarter le père du processus du repas. Les montées de lait surprises peuvent être une source de stress sans parler du fait que les mères peuvent ressentir de la culpabilité ou se sentir comme une vache laitière à donner le sein toutes les 2 heures.

Car derrière le glamour d'un brelfie, il y a toutes les petites contraintes liées à ce choix d'allaiter. Il est important de parler de choix, car les contraintes liées à la pratique sont nombreuses, les femmes doivent pouvoir garder le choix de donner le sein ou non.

Mais du coup, doit-on continuer à poster des photos de femmes allaitantes sur les réseaux sociaux ? 

Oui, pour normaliser la pratique. Car si les femmes doivent rester libres de choisir de donner le sein ou non, il est également important de débunker les tabous ou les idées reçues autour de l'allaitement. Car depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous avons eu tendance, en Occident, à fustiger la femme qui donne le sein en public, parce que le sein est devenu sexuel. En "obligeant" les femmes à se cacher pour allaiter, on a encore compliqué l'acte qui a, petit à petit, perdu en popularité. Au-delà de la contrainte et de la pression du regard des autres, c'est encore une fois la preuve que la société exerce un certain poids sur les femmes, leur interdisant de faire telle ou telle chose, car jugées "choquantes". Finalement, poster une photo de soi en train d'allaiter, c'est peut-être l'acte le plus militantisme (et presque féministe) qu'il peut y avoir : "mère, femme et fière".

 

 
 
 
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