La magie de Noël passe par de nombreux facteurs : le décorum, la ritualisation de certaines habitudes, les cadeaux, mais surtout, par le mythe du Père Noël. Qu'il soit l'œuvre de Coca-Cola ou de Saint-Nicolas, le résultat reste le même, nos chères petites têtes blondes attendent toute l'année qu'un vieux monsieur aux rondeurs généreuses passe par la cheminée pour venir les gâter (plus c'est gros, plus ça passe). 

Ce vieux monsieur avec un bonnet rouge est souvent la source de nombreux questionnements. Les parents usent et abusent d'ingéniosité pour trouver des réponses qui pourront satisfaire les enfants et leur soif de curiosité.

Ce mythe du père Noël fait intégralement partie de notre culture. Même si, à la base, cette fête découle d'une tradition païenne, puis chrétienne, l'image du père Noël s'est démocratisée sur la planète, si bien qu'aujourd'hui, de l'Asie aux Amériques, l'ensemble du globe (ou presque) célèbre Père Noël ou Saint-Nicolas. 

Même si l'histoire est mignonne et qu'elle a le mérite de faire rêver les enfants, c'est aussi un excellent moyen de pression pour les parents en recherche de calme "Sois sage, sinon le Père Noël ne passera pas". Au-delà du mensonge, il est aussi souvent question de chantage. 

Alors, est-ce vraiment une bonne idée de faire croire les enfants au Père Noël ? De nombreux psychologues spécialistes de l'enfance ont donné leur point de vue. Voilà ce qui ressort de leurs écrits. 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

Faire croire au Père Noël pour embellir la réalité 

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Et si, finalement, ce n'était qu'un prétexte pour les empêcher de prendre conscience trop tôt le l'aspect mercantile du monde ? Avant 4 ou 5 ans, les enfants n'ont pas réellement conscience de ce qui tient du réel ou de l'imaginaire. Ils ont tendance à prendre pour argent comptant tout ce que l'on peut leur dire. Entretenir le mythe du Père Noël, c'est finalement les laisser encore quelques années dans la magie de l'enfance, les protégeant en même temps du pire que peut offrir le monde. Cela leur apprend aussi le don, pour eux, c'est le Père Noël qui fait les cadeaux, pas les parents, c'est une gratification qui répond à un comportement positif, au fait "qu'ils ont été très sages". Certains diront que ça leur apprend le goût du travail bien fait, d'autres s'offusqueront d'utiliser une carotte pour motiver les enfants.

 

La croyance peut être source de moqueries 

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Il ne faut pas oublier que les enfants sont loin d'être tendres entre eux. Le fait qu'un enfant croit au Père Noël peut être une source de moquerie à l'école ou au contact d'autres enfants qui ont déjà connaissance de la vérité. Ces moqueries peuvent avoir un impact réel sur l'estime de l'enfant. En le traitant de "bébé", les autres enfants vont entacher la vision que l'enfant a de lui-même. Il risque de se sentir en marge des autres enfants qui l'opposent en pointant du doigt une différence. La rupture du mythe du Père Noël marque souvent l'étape du passage entre la petite enfance et l'enfance. Cette rupture peut être brutale pour certains enfants, il est donc essentiel de l'accompagner pour ne pas créer de situation inconfortable pour l'enfant. 

 

Leur raconter de jolies histoires pour développer leur imagination

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Le Père Noël n'est pas la seule histoire que l'on raconte aux enfants. Au-delà de personnages magiques et mystiques qui viennent accompagner quelques étapes de la vie (type la petite souris.), on passe notre temps à raconter des histoires aux enfants. La seule différence, c'est qu'un conte commence par "Il était une fois". Partir du postulat que le Père Noël existe vraiment, alors que le Chat Botté non est peut-être l'erreur qui blesse. Pour les deux personnages, c'est la même chose : ils sont fonctionnels. Le secret résiderait donc dans le fait de présenter le Père Noël comme un mythe, ou de raconter la véritable histoire d'où est issu le Père Noël, à savoir que ce mythe, embelli par les Américains, prend ses sources dans de nombreuses histoires folkloriques et païennes. Partir d'une histoire plus "réelle" et moins "mystique" est peut-être la solution pour arrêter de jouer avec la crédulité des enfants en leur proposant, par la même occasion, une histoire qui leur fera comprendre l'évolution et l'origine des fêtes de Noël.

 

Dans le fond, est-ce que le mythe du Père Noël ne fait pas plus plaisir aux parents qu'aux enfants ? 

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C'est une question qui a le mérite d'être posée : à qui fait-on réellement plaisir en propageant ce mythe. Cela ne changera rien à la vie de l'enfant d'avoir connaissance ou non de cette histoire, mais ceux qui ont réellement envie de créer un esprit de Noël entouré de magie, ce sont les parents. C'est aussi une façon de garder les enfants dans le monde de la petite enfance, en les laissant dans un monde où l'imaginaire est encore la norme. Mais dans le fond, ce qui joue le plus avec ce mythe, ce sont les parents. Alors, doit-on réellement mentir à nos enfants pendant plusieurs années juste pour nous procurer le plaisir d'enfiler un costume de Père Noël et de jouer une scène de comédie digne d'un théâtre de boulevard ? La question reste entière. Même si l'on fait souvent le distinguo entre mensonge et "joli mensonge", la finalité reste la même, on ment éhontément à nos enfants pour notre plaisir (beaucoup) et le leur (un peu). 

 

Et si la solution était de laisser planer le doute ? 

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Dans la construction de l'enfant, il est important qu'il prenne conscience des choses par lui-même. Il sera forcément confronté d'une façon ou d'une autre au mythe, à travers la télévision ou en discutant avec d'autres enfants. Et si le bon réflexe était de ne jamais lui dire réellement s'il existe ou non. Laissez planer le doute pour qu'il utilise sa réflexion et son imagination. Si jamais la question vient à se poser, répondez simplement par un "Qu'est-ce que tu en penses, toi ? Est-ce que tu crois que ça peut exister un vieux monsieur qui se glisse dans les cheminées ?". Laisser planer le doute n'entachera pas sa vision des choses et lui permettra de commencer à développer son sens critique et une certaine façon de raisonner. De chaque situation peut découler un apprentissage précieux pour l'enfant, n'oubliez jamais ça.