Informer pour ne plus se faire piéger, et si c'était la solution pour éradiquer, une bonne fois pour toutes, les violences éducatives ordinaires ? Parce que l'erreur est humaine et que nous avons souvent tendance à reproduire ce que nous avons connu, les violences éducatives ordinaires peuvent s'immiscer, l'air de rien, dans vos méthodes d'éducation. 

Normalisées depuis des années, elles ne sont pourtant pas recommandées et même interdites depuis 2019 en France. Même si ces méthodes d'éducations ont été normalisées et intégrées depuis des années, de nombreuses études prouvent qu'elles ont un réel impact négatif sur la construction des enfants : elles peuvent faire perdre la confiance de l'enfant en lui-même, réduire son estime de soi, développer des peurs et, dans les cas les situations les plus graves, déclencher des handicaps comme le bégaiement, des crises d'angoisse, des terreurs nocturnes, des troubles psychiques... Pourtant, elles restent les méthodes majoritaires dans l'éducation française. 85% des parents admettent utiliser des méthodes d'éducations dites "violentes" pour encadrer les enfants ou les adolescents.

Les répercussions plausibles sont nombreuses et parfois irréversibles. C'est pour cette raison qu'il est important d'identifier quels sont les actes de violence ordinaire, pour les éliminer le plus rapidement possible de nos habitudes et tendre, petit à petit, vers de nouvelles méthodes d'éducation, plus douces, moins invasives et sans violence. Attention, il ne s'agit pas de remplacer l'éducation dite "à l'ancienne" par l'absence totale d'encadrement ou par le principe de "l'enfant roi". Il est tout à fait possible d'élever ses enfants dans le respect des règles sans user de la force ni hausser le ton. Tout est une question de méthodologie.

Mais alors, les violences éducatives ordinaires, c'est quoi ? Et par quelles méthodes les remplace-t-on ? 

Enjoy,

Les Éclaireuses

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1) Forcer un enfant à finir son assiette, le meilleur moyen de le dégoûter de la nourriture

"Finis ton assiette", nous avons tous entendu cette phrase au moins une fois lorsque nous étions petits. Il s'avère que forcer un enfant à finir son assiette est considéré comme une forme de violence. Forcer un enfant à se gaver n'entre pas dans les préceptes de l'éducation positive et non violente. Il faut bien comprendre qu'un enfant ne se laissera jamais mourir de faim. Leur apprendre à écouter leur appétit très tôt leur permettra d'avoir une meilleure conscience de ce dont ils ont envie ou non et des quantités qu'ils peuvent manger ou non. Sur le long terme, cela peut permettre d'éviter le déséquilibre alimentaire et même le surpoids. 

Mais du coup, qu'est-ce qu'on fait ? On n’insiste pas. On met l'assiette de côté et on la garde pour un prochain repas. S'il n'a pas faim à l'instant T, il est possible qu'il ait faim 2 heures après. Cependant, une règle d'or à toujours garder en tête : ne pas céder sur des sucreries pour remplir l'estomac. Il vaut mieux éviter au maximum l'appétence aux sucres raffinés (tout du moins le plus longtemps possible) chez les jeunes enfants.

 

2) Un enfant est tout à fait capable de comprendre, ne pas lui expliquer les choses et les lui imposer est une forme de violence

Jeter ses jouets sans lui en parler avant, déménager sans le prévenir, décider pour lui sans lui demander son avis - car oui, même petits, ils ont le droit d'avoir une opinion sur ce qu'ils veulent faire ou non - toutes ces choses sont des formes de violence insidieuses qui peuvent avoir un profond impact sur la psyché. Ce type de traumatismes peut d'ailleurs suivre les enfants très longtemps, parfois même jusqu'à l'âge adulte. 

C'est pour cette raison qu'il est essentiel de prendre conscience que les enfants, même jeunes, sont tout à fait capables de comprendre les choses. Ils ont un cerveau qui fonctionne (souvent très vite) et peuvent intégrer de nombreuses informations, pour peu qu'elles soient apportées en douceurs et dans un vocabulaire qui leur est adapté. 

Mais du coup, comment on fait ? On prend le temps de leur expliquer les choses. Pour un déménagement, on l'implique très tôt dans le processus et on lui demande un coup de main pour les cartons tout en lui expliquant pourquoi on part, en lui montrant des photos de son nouveau foyer pour le familiariser avec l'environnement. On l'implique également dans les gros tris et le ménage, on lui demande de faire un tri dans ses jouets pour éliminer ceux qui sont cassés ou ceux dont il ne veut plus... Finalement, le mot d'ordre, c'est l'implication. En plus, le fait de les responsabiliser très tôt et de leur montrer que leur avis compte aussi leur permettra de gagner en confiance et en assurance plus rapidement. Ça ne peut être que bénéfique pour l'avenir.

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3) La menace, un réflexe d'éducation à bannir de nos habitudes pour le bien des enfants

Il arrive que, parfois, on soit à bout de nerfs et que la menace s'avère être la façon la plus efficace de calmer les caprices et/ou l'excitation des enfants. Même si cette technique fonctionne, il est également nécessaire de ne pas en abuser et d'idéalement la bannir de vos habitudes. Pourquoi ? Parce qu'elle a tendance à instaurer un climat de peur et de méfiance entre les parents et les enfants. Certes, il faut qu'il y ait un respect mutuel et que le parent reste le décisionnaire final, mais instaurer un climat de crainte peut avoir de réelles répercussions sur la construction de l'enfant. Par habitude, il finira par les choses que sous contrainte ou menace, mettant complètement sa spontanéité de côté (et au passage sa confiance en soi). 

Mais du coup, par quoi on remplace cette méthode d'éducation ? On instaure des limites, en expliquant calmement ce qui peut être fait ou non, ce qui est acceptable ou non. Lorsque l'enfant franchit la limite de l'acceptable ou approche de la frontière, on ne le menace pas en lui promettant une fessée s'il pousse le bouchon trop loin, on se met à son niveau et on essaye de lui faire dire pourquoi la situation n'est pas souhaitable ou pourquoi ce qu'il s'apprête à faire est dangereux. Encore une fois, les enfants sont capables de comprendre et d'avoir une certaine réflexion, il ne faut jamais l'oublier.

4) L'humiliation, qu'elle soit publique ou privée, ne doit jamais être utilisée

Sur la question de l'humiliation, il n'y a pas à tergiverser, rien ne justifie d'humilier un enfant parce qu'il a fait pipi au lit, parce qu'il est timide ou parce qu'il n'arrive pas à faire quelque chose. Vous n'aimeriez pas que votre patron dise devant tout l'open space à quel point vos PowerPoint sont moches ? C'est pareil pour les enfants. L'humiliation n'apporte jamais rien de bon, surtout lorsque les enfants sont timides ou en pleine construction d'estime de soi. Penser que l'humiliation est la solution à tous les problèmes ou qu'elle permettra de combler les lacunes est une grave erreur, cela ne fera souvent qu'aggraver la situation.

On utilise quoi à la place ? La compassion, c'est souvent (toujours) la bonne solution. On n'humilie pas son enfant, qu'il ait 2, 12 ou 17 ans, c'est une règle d'or. On préférera, au contraire, les rassurer et leur faire sentir qu'on est prêt à les épauler et à les accompagner dans leur situation.

5) Le consentement est aussi valable pour les enfants, même si c'est vous qui l'avez fabriqué 

On a tendance à croire que la pudeur est un concept d'adulte, qu'un enfant s'en fiche d'être déshabillé et laissé nu, que les parents peuvent faire un peu ce qu'ils veulent. Cependant, comment inculquer correctement la notion de consentement à son enfant si on ne l'applique pas avec lui ? Certains enfants s'avèrent être très pudiques et peuvent être gênés de se retrouver dévêtus en public. Même si ce sont vos enfants, leur corps leur appartient et il est important de respecter leurs choix

Comment appliquer le principe de consentement avec son enfant ? Comme toujours, c'est une question de communication. Demander à son enfant si on peut le déshabiller là, lui demander où il préfère se changer, lui demander s'il est prêt, s'il a besoin d'aide ou s'il préfère le faire seul, lui demander si on peut entrer dans la chambre ou dans la salle de bains pendant qu'il se change... Tous ces réflexes apporteront beaucoup plus de bienveillance et de douceur au quotidien de l'enfant et il apprendra, très tôt, la notion du respect de l'intimité et du corps de l'autre.

6) Évidemment, toute forme de violence physique est à bannir

Au-delà de la loi, il y a une vraie question sur l'efficacité des violences physiques sur les enfants. Évidemment, parfois, en tant que parent, il y a des moments plus difficiles que d'autres, et un accident peut arriver. Dans l'absolu, il faut essayer de l'éviter, mais l'erreur est humaine. Ce qu'il faut bannir, c'est la réaction violente suite à une action : non, vous rouler sur le pied avec une trottinette ne justifie pas une gifle. Non, un pleur de fatigue ne justifie pas une fessée. Non, un refus de finir son assiette ne justifie pas une claque à l'arrière de la tête. Ce qu'il faut bannir absolument, c'est la réaction violente sous prétexte qu'il y a eu une erreur. Et, même si de nombreux parents ont pris des gifles petits et n'en sont pas morts, ce n'est pas une raison pour reproduire les choses. Des alternatives existent, autant les exploiter.

Par quoi remplace-t-on la violence ? Par des explications, par une discussion, par la verbalisation ou même un bain ou une douche ou même un grand verre d'eau fraîche. Le fait de boire un grand verre d'une traite aura pour effet de calmer la situation et tout le monde sera beaucoup plus apaisé. Il faut garder en tête que dans la vie, la violence n'est jamais la bonne réponse.

 

 

 

Tags : enfance