Pourtant attendu comme un changement prometteur, le remaniement laisse un goût fortement amer, en particulier pour la cause des femmes.

Le lundi 6 juillet, les noms des nouveaux ministres du président Emmanuel Macron ont été donnés. Le moins que l'on puisse dire c’est qu’en plus de provoquer l’étonnement et l’incompréhension, certains noms sont loin de faire l’unanimité. En l’occurrence, deux noms ressortent : Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti. 

Le premier était jusqu’à présent ministre de l’Action et des Comptes Publics et a été nommé ministre de l’Intérieur. Cependant, il est important de rappeler qu'une plainte pour viol a été déposée contre lui. En effet, il est accusé par Sophie Patterson-Spatz de viol, de harcèlement sexuel et d'abus de confiance. Depuis début juin, la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise des investigations. Si l’accusé assume avoir eu une relation sexuelle avec cette femme, selon lui, elle était totalement consentie.

Malgré cela, cette plainte « n’a pas fait obstacle » à sa promotion, comme l’assure l’entourage du président de la République.

S’ajoute à cela, Éric Dupond-Moretti, l'avocat pénaliste propulsé au ministère de la Justice. L’homme est connu pour avoir défendu des affaires polémiques comme celles de Patrick Balkany. Durant sa carrière, l’homme a tenu des phrases plus que douteuses. Pour citer quelques exemples, en 2015, il avait déclaré lors de l’affaire DSK (histoire de proxénétisme aggravé) qu'il s'agissait : « des copains qui s'offrent du bon temps ».

De même, en 2018, interrogé par BFMTV sur la nouvelle loi contre les violences sexistes et sexuelles, il avait déclaré qu’une vieille dame lui avait confié : « Moi, je regrette de ne plus être sifflée ». Selon lui, le harcèlement de rue est une affaire d’éducation et non de justice. 

Pas besoin d’en dire plus pour souligner que ces deux ministres sont en contradiction avec les droits des femmes qu'Emmanuel Macron ne cesse d’évoquer.

Pour réclamer leur démission, le collectif « Osez le féminisme! » a lancé une pétition : « 3 ans après #Metoo, le gouvernement nous engage sur un chemin qui nous condamne à une marche à rebours. »

Les Éclaireuses