Aude est la maman de Louise, une petite fille de 5 ans et de Timothée, un petit garçon décédé suite au Syndrome du bébé secoué. Par son témoignage poignant, elle livre à tous et spécialement aux futurs ou jeunes parents un message de prévention pour qu’aucun drame similaire ne se reproduise.

Au moment des faits, son fils Timothée avait deux mois. Aude avait un rendez-vous médical post-accouchement et avait laissé son fils à la maison avec son papa. À la sortie de son rendez-vous, la jeune femme apprend par téléphone que tous deux sont à l’hôpital suite à un malaise du bébé. La maman s'y rend immédiatement où elle trouve son enfant inconscient, entouré de médecin et comprend que quelque chose de grave s’est passé.

Rapidement, les médecins emmènent l’enfant passer un scanner. Après celui-ci, le médecin en chef annonce aux parents que le scanner a révélé des hématomes sous-duraux, révélateur du Syndrome du Bébé Secoué (SBS).

Le SBS est un traumatisme crânien provoqué par secouements. Il s'agit généralement d'un adulte qui empoigne un enfant par le thorax et le secoue d’avant en arrière. La tête du nourrisson vient alors taper violemment sur le devant du corps, puis sur le dos, dans un mouvement de va-et-vient, de façon répétée. Cependant, un nourrisson n’a pas les muscles du cou suffisamment développés pour amortir la violence des secousses, sa tête se retrouve donc ballotée dans tous les sens. Comme le cerveau d’un bébé n’a pas encore terminé sa croissance, cela provoque de nombreux chocs, qui engendrent des saignements dans le cerveau.

Résultat inconcevable pour la maman qui n’a jamais secoué son fils ou confié ce dernier à quiconque. Il lui est également inconcevable que le papa soit capable d’un geste d’une telle violence sur leur bébé.

Timothée est alors transféré à Necker où des neurochirurgiens spécialistes du SBS le prennent en charge. L’enfant est plongé dans un coma artificiel profond pour que son cerveau soit mis au repos, et que les lésions se propagent moins, et moins vite. Timothée est opéré en urgence pour poser un drain dans son cerveau. Les médecins espèrent ainsi évacuer un maximum de sang et faire tomber la pression crânienne. Malheureusement, le mal est fait. Les soins permettent à Timothée de moins souffrir, mais après 5 jours de coma, il décède.

« Lorsqu’on a arrêté la machine qui le maintenait artificiellement en vie, ça a été un gouffre, j’ai plongé dans ce marasme. J’étais en état de sidération, je ne m’alimentais plus, je pleurais sans m’arrêter, j’avais mal, terriblement mal, je voulais mourir pour retrouver mon fils… Plus rien n’avait de sens. »

Des mois très difficiles où la maman a heureusement reçu beaucoup de soutien par sa fille et sa famille ainsi qu’un suivi thérapeutique. « Je suis toujours suivie, le chemin du deuil est long, il durera toute ma vie, on ne se remet jamais de la perte d’un enfant. »

Aujourd’hui, la maman témoigne pour libérer la parole et prévenir sur le SBS. 

« Mon combat désormais, c’est de sensibiliser pour que ça n’arrive plus. Cela fait un an que Timothée est décédé, un an que je dois expliquer aux gens autour de moi ce qu’est le Syndrome du Bébé Secoué et reprendre les idées reçues. Non, secouer ce n’est pas jouer. Non, ce n’est pas un « accident ». Oui, nous étions un couple de cadres supérieurs vivant à Boulogne-Billancourt, banlieue privilégiée de l’Ouest parisien. Oui, c’est un geste très violent. »

 « Si mon témoignage peut permettre une prise de conscience, de la part de tous les futurs et jeunes parents, mais aussi de toutes les personnes amenées à s’occuper d’un nourrisson, alors je me dois de le faire, même si c’est difficile. Et initier, à mon petit niveau, une démarche de sensibilisation et de prévention pour que le chiffre des victimes baisse, et qu'un jour prochain, il tombe à 0. »

Selon un rapport de Santé Publique France, 1 215 cas de bébés secoués auraient été signalés pour la période 2015-2017. Il s'agit de plus de 400 victimes par an en France, en moyenne, soit plus d’un enfant par jour. 

Les Éclaireuses

 

 

 

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