Les femmes sont-elles toutes égales face aux règles ? Pas vraiment…

Alors que certaines femmes ont des règles qui durent 3 jours, pour d’autres, cela peut durer plus d’une semaine. Encore une fois, certaines n'ont pas un flux très important, alors que d’autres, si. Enfin, si pour certaines la douleur est largement supportable, pour d’autres, elle est telle que cela peut devenir un réel handicap. Des douleurs encore trop peu prises au sérieux…

Pourtant, selon l'American Academy of Family Physicians, une femme sur cinq souffrirait de dysménorrhée. Un terme clinique qui désigne les douleurs intenses situées dans le bas ventre, le bas du dos et dans les jambes. Mais elles ne s’arrêtent pas là et sont souvent accompagnées de violents maux de tête, de nausées et parfois même de fièvre.

Les sensations ressenties par toutes ces douleurs accumulées sont « presque aussi fortes qu'une crise cardiaque », comme le rapportait John Guillebaud, professeur de santé reproductive à l'University College de Londres, dans un entretien au magazine Quartz en 2016.

D’ailleurs, une étude de 2019 rapporte que les douleurs peuvent être si atroces que 14% des femmes sont dans l'incapacité d'aller à l'école ou au travail, tandis que 80% se rendent au boulot, sans pour autant être productives.

Il faut également savoir qu’il n’y a pas que les femmes souffrant de dysménorrhée qui ressentent ces vives douleurs, celles atteintes d'endométriose sont également concernées. Mais dans les deux cas, peu de solutions sont proposées aux femmes pour atténuer la douleur.

PS : petit conseil de la rédaction. Si vous souffrez d’endométriose, on vous conseille de traiter la maladie et la douleur séparément. Certains médecins spécialisés dans la douleur connaissent bien l’endométriose et regorgent de techniques pour la soulager. Des traitements antiépileptiques, par exemple, peuvent vraiment vous changer la vie.

Bien que ces dernières années, la prise en charge s’est beaucoup améliorée, il n’en reste pas moins que ces maladies et les douleurs qui y sont liées peinent à être prises au sérieux par la société et même par certains médecins.

« Je vois ça chez les médecins des deux sexes, déclarait le Professeur Guillebaud. Les hommes ne connaissent pas ce problème et ils sous-estiment sa gravité. Et certaines femmes médecins n'ont pas beaucoup d'empathie parce qu'elles-mêmes ne souffrent pas trop et pensent que certaines patientes exagèrent. Elles se disent simplement : si je peux vivre avec, alors ma patiente peut aussi vivre avec ! »

Sachez, mesdames, que vous n’êtes pas seules et que ce n’est pas normal de devoir ressentir tout ça. Ne vous arrêtez pas au diagnostic d’un médecin qui ne vous aurait pas prise au sérieux. Si certaines d’entre vous sont sur Paris, ou pensent y venir, nous vous conseillons avec enthousiasme de contacter le docteur Delphine Lhuillery, médecin de la douleur, située dans le 7ème arrondissement. Au-delà d’être une femme incroyablement emphatique et à l’écoute, elle fait des miracles !

Les Éclaireuses