À cause de la fermeture des frontières occasionnée par la pandémie de coronavirus, des centaines de bébés nés par gestation pour autrui (GPA) sont toujours séparés de leur famille biologique.

C’est le cas en Chine, où de nombreux couples ont recours à des mères porteuses étrangères. Malheureusement, avec l’annulation des vols et des visas, le coronavirus empêche ces familles de se réunir.

« Je n'arrive pas à dormir de la nuit, je pense à mon bébé, coincé dans un orphelinat », confie Cherry Lin à l’AFP. Cette maman chinoise a fait appel à une mère de substitution après de nombreuses fausses couches.

Comme une centaine de familles, elle espérait retrouver son bébé après l’accouchement. À la place, elle caresse pensivement une grenouillère, craignant qu’elle soit bientôt trop petite pour son fils qu’elle n’a pas encore rencontré.

« Plus de 100 bébés attendent leurs parents dans plusieurs centres médicaux », a indiqué Lioudmyla Denysova, chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien. Si le confinement est prolongé, d'autres enfants vont naître et « leur nombre pourrait atteindre presque un millier », a-t-elle ajouté.

Depuis 2001, la Chine a interdit le recours à la gestation pour autrui à des fins commerciales ou altruistes, une mesure pour contrer l’exploitation des femmes dans le besoin. Néanmoins, le gouvernement autorise les Chinois à avoir recours à des mères porteuses à l’étranger, du Laos à la Russie en passant par l’Ukraine, la Géorgie ou les États-Unis, souligne AFP.

De nombreux foyers chinois se dirigent vers la GPA, pour une somme allant de 35 000 à 70 000 dollars par naissance. Et pour cause, « l’augmentation des revenus, des taux élevés d'infertilité et le désir de couples âgés, qui ont largement dépassé l'âge de procréer, d'avoir un fils après l'assouplissement en 2016 par les autorités chinoises de la règle de l'enfant unique, ont provoqué une recrudescence des demandes de procréation pour autrui », indique l’AFP.

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