Dans un communiqué publié mercredi dernier, 30 Millions d’Amis attire l’attention sur un décret mis en place par le gouvernement pendant le confinement, le 17 mars. Pour la fondation, cela constitue un « terrible recul en matière de protection animale ».

En effet, ce décret permet d’élargir la provenance des animaux de laboratoire.

« Jusqu’à présent, les animaux utilisés dans des procédures expérimentales devaient avoir été élevés à cette fin et provenir d’éleveurs ou de fournisseurs agréés », indique l’association de protection des animaux. Des dérogations n’étant possibles que « lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projeté » (art. R. 214-90 du code rural). Malheureusement, cette condition a désormais été supprimée.

Un décret jugé inadmissible par 30 Millions d’Amis. Un retour en arrière de 30 ans selon Reha Hutin, présidente de la fondation, qui « risque d’encourager un énorme trafic de chiens volés pour être revendus à des labos. »

Chritiane Laupie, secrétaire générale et fondatrice du Comité scientifique Pro Anima, s’est également exprimée à ce sujet : « depuis la réglementation de septembre 1986, les animaux destinés à la vivisection doivent provenir uniquement de fournisseurs agréés et connus » déclare-t-elle. « Ce décret, c’est la porte ouverte au pire ! Élevages de chiens de chasse, particuliers, n’importe qui peut vendre son animal à un laboratoire. »

Un décret d’autant plus aberrant lorsqu’on sait qu’il est totalement contraire à la directive européenne relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, qui a pour but d’encadrer la provenance des animaux. De plus, 30 millions d’amis rappelle que selon son baromètre Ifop 2020, 86% des Français s'opposent à l'expérimentation animale, lorsque des alternatives sont possibles. 

Les Éclaireuses