Samedi dernier, une jeune femme de 21 ans a été « battue à mort » et son corps laissé sous des ordures à Cagnes-sur-Mer. Une étape tristement symbolique qui marque le 100e féminicide de l’année. Trop vite dépassée par une 101e victime, une dame âgée de 92 ans rouée de coups par son mari de 94 ans.

101 femmes ont donc été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année. Un nombre choc qui témoigne de l’urgence de la situation, au matin du premier Grenelle sur les violences conjugales.

Pour se faire entendre, une centaine de membres du collectif #NousToutes se sont rassemblés dimanche soir place du Trocadéro à Paris pour dénoncer l’inaction du gouvernement. Brandissant des panneaux dédiés à chacune des victimes, les manifestantes ont rendu hommage aux femmes tuées en égrenant à tour de rôle leurs prénoms, « Céline, Sarah, Maguy, Clothilde, Éliane, Euphémie... », avant de coller les pancartes sur le sol.

Alors que ce Grenelle débute aujourd’hui, mardi 3 septembre, le gouvernement a déjà mis sur les rails plusieurs mesures pour enrayer ce fléau. La secrétaire d’État Marlène Schiappa a ainsi annoncé l’ouverture de 240 places d’hébergements et la création d’un fonds d'un million d’euros destiné à des associations locales.

« Nous voulons un milliard, pas un million », ont lancé à l'unisson les manifestantes, en allusion à leur demande récurrente : « Il nous faudrait un milliard d'euros pour lutter efficacement contre les violences conjugales, c'est trois fois et demie moins que ce que coûtent, chaque année, ces violences », a assuré à l'AFP Anaïs Leleux, du collectif #NousToutes.

Le Grenelle devrait donc donner lieu à un véritable bras de fer entre le gouvernement et les associations qui l’attendent au tournant. Grande cause doit rimer avec grands moyens. Emmanuel Macron avait annoncé faire des féminicides l'une des grandes causes de son quinquennat. Nous attendons avec attention la suite.

Les Éclaireuses